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Gérer une succession entre la France et l'Espagne : Les pièges transfrontaliers à éviter

  • Photo du rédacteur: François SIGUIÉ
    François SIGUIÉ
  • 27 févr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 mars


Faire face à la perte d'un proche est une épreuve difficile. Lorsque le défunt laisse derrière lui un patrimoine réparti sur plusieurs pays, la complexité juridique et administrative peut rapidement s'ajouter au deuil.

Aujourd'hui, de nombreux Français choisissent d'investir de l'autre côté des Pyrénées. Mais que se passe-t-il réellement lors du règlement d'une succession impliquant des biens situés en France et en Espagne ?


La situation : Un patrimoine morcelé entre deux pays

Prenons un cas très fréquent dans notre étude. Un de nos clients, de nationalité française et résidant habituellement dans notre région, décède. Il laisse dans le deuil son épouse actuelle et deux enfants issus d'une première union.

Son patrimoine se compose :

  • D'une résidence principale et de comptes bancaires en France.

  • D'une résidence secondaire située en Espagne (par exemple en Catalogne ou en Andalousie).

Il n'avait pris aucune disposition particulière de son vivant (ni testament, ni donation entre époux spécifique à l'international). La famille se retrouve alors confrontée à un véritable casse-tête juridique et fiscal.


Les défis du droit franco-espagnol : Quelle loi s'applique ?

C'est ici que le droit international privé entre en jeu. Historiquement complexe, le règlement d'une telle succession soulève immédiatement un conflit de lois :

  • Faut-il appliquer la loi française, pays de résidence et de nationalité du défunt ?

  • Faut-il appliquer la loi espagnole pour le bien immobilier situé sur son territoire ?

  • Quels sont les droits exacts du conjoint survivant face aux enfants du premier lit, sachant que les règles de la réserve héréditaire diffèrent selon le pays ?

Le Règlement Européen sur les successions a certes apporté des clarifications, mais son articulation avec le droit franco-espagnol nécessite une expertise pointue pour déterminer précisément qui hérite de quoi, et comment.


Le risque fiscal : Attention à la double imposition

Au-delà de la répartition des biens se pose la question cruciale des droits de succession. La fiscalité franco-espagnole possède ses propres règles de territorialité. Sans une analyse approfondie de la convention bilatérale signée entre les deux États, les héritiers s'exposent à un risque majeur : la double imposition entre la France et l'Espagne.

En effet, chaque pays peut revendiquer le droit de taxer la transmission du bien immobilier espagnol ou des comptes bancaires. Sans un accompagnement adéquat pour activer les bons mécanismes d'imputation et de crédit d'impôt, la facture fiscale globale peut s'avérer très lourde pour les héritiers.


Un règlement successoral sous haute surveillance

Dans un tel contexte, l'absence d'anticipation ou une mauvaise interprétation des textes internationaux peut entraîner :

  • Le blocage prolongé des comptes bancaires de la famille.

  • L'incapacité de vendre le bien immobilier situé en Espagne.

  • Des tensions familiales liées à l'indivision internationale.

Le règlement d'une succession internationale ne s'improvise pas et chaque détail compte, de l'obtention du NIE (Numéro d'Identification d'Étranger) en Espagne à la rédaction des actes notariés français.


Vous êtes confronté à une succession internationale ou vous souhaitez anticiper la transmission de votre patrimoine à l'étranger ? L'intervention de votre notaire est indispensable pour sécuriser vos démarches et optimiser votre situation fiscale. Contactez notre étude pour une consultation personnalisée afin de faire le point sur votre situation.


François SIGUIÉ

Notaire diplômé - Toulouse Capitole,

Formation IEJUC - Urbanisme, Construction, et Environnement,

Co-fondateur de Tabelio, solution automatisée d'audit foncier,

Service immobilier,

Droit franco-espagnol,


 
 
 

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